19 novembre 2017

LA TOILE D’ARAIGNÉE (Stuart Rosenberg - 1975)

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 Résumé: Le détective privé Lew Harper retrouve Iris Devereaux, une ancienne conquête, laquelle lui demande d'enquêter afin de savoir qui se cache derrière les lettres qu'elle reçoit pouvant mettre à mal son mariage avec l'une des plus grosses fortunes de l'état de Louisiane. Harper devra faire preuve d'intelligence afin de démêler cette affaire qui s'avérera plus complexe qu'elle n'y paraît. Qui est l'auteur de ces lettres? Qui a tué la belle-mère tyrannique d'Iris? Serait-ce uniquement une histoire d'argent ou quelque chose de bien plus sordide que cela? Voilà les questions auxquelles Harper devra trouver des réponses et cela au péril de sa vie. 

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Mon avis: Dix ans après le succès de "Détective Privé" (Jack Smight - 1966) Paul Newman rendosse le costume du détective privé Lew Harper pour ce second opus qu'est "La toile d'araignée", adaptation de "The Drowning Pool" deuxième roman de la série des "Harper" écrit par Ross MacDonald. L'intrigue, tout comme celle du précédent film, se révèle on ne peut plus solide et l'on ne peut nier que le scénariste Tracy Keenan Wynn a su la rendre complexe et prenante. Personnellement le suspense qui découle des nombreuses étapes des investigations du détective m'a tenu en haleine jusqu'au bout. Les rebondissements sont nombreux et les solutions aux interrogations qui nous sont posés ne se trouvent pas forcément là où l'on crois. Les retournements de situations s'enchaînent à un rythme soutenu et, alors que l'on pense tenir le ou les coupables ces derniers deviennent eux-même des victimes. L'on n'éprouve aucun mal à être aussi perdu que Harper devant tant de noeuds à défaire. 

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Si l'on arrive si bien a s'identifier à un tel personnage c'est en grande partie grâce à la performance d'acteur parfaite de Paul Newman. Dix ans après le succès de "Détective privé" le comédien semble très vite retrouver ses marques en reprenant le rôle du détective privé désabusé mais tenace qu'est Lew Harper. Le plaisir que Newman à joué ce rôle est évident, cela se voit à l'écran et, tout comme le précédent film, l'acteur fait usage de sa décontraction naturel pour instillé au rôle une personnalité si sympathique. Paul Newman ne cachera pas que c'était pour lui très agréable de jouer ce rôle.

"Un personnage comme Harper est très facile, c'est très amusant de se lever le matin et de jouer Harper" - Paul Newman.

"La toile d'araignée" suivant une intrigue indépendante du premier, à aucun moment il n'est fait allusion aux évènements qui y ont eu lieu, ni même à la vie privé chaotique qui était la sienne à l'époque, facilitant ainsi le spectateur à bien comprendre l'intrigue et le personnage sans avoir besoin pour cela de voir l'opus précédant. 

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Harper reste le personnage que l'on a découvert dans le film de Jack Smight, celui du détective privé rusé et tenace mais beaucoup plus serein qu'il y a dix ans de cela. L'enquête qu'il mène ici présent se révèle bien plus personnel dans la mesure où sa cliente n'est autre qu'une femme qu'il a aimé. Les moments que Harper partagent avec son ancienne maîtresse sont d'ailleurs les plus tendres du film et je pense que l'alchimie qui existent entre les deux comédiens qui les jouent n'y est pas pour rien. Cela n'a rien de surprenant d'ailleurs quand on sait que le personnage d'Iris Devreaux est joué par Joanne Woodward, Madame Paul Newman à la ville et cela de 1958 jusqu'à la mort du comédien en 2008. J'avoue volontiers que j'ai toujours au beaucoup d'admiration pour la comédienne, autant que j'en ai pour son époux d'ailleurs. Woodward restera à jamais à mes yeux la Clara Varner des "Feux de l'été" le chef d'oeuvre sublime de Martin Ritt et dans lequelle la comédienne brille de mille feux (ce n'est pas un jeu de mot, c'est un fait). Dans "La toile d'araîgnée" elle livre une performance toute en sobriété et nous fait très vite avoir beaucoup d'empathie pour son personnage d'Iris Devreaux et les épreuves que cette dernière doit traverser.

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C'est aussi l'occasion pour Paul Newman de retravailler avec Stuart Rosenberg, lequel l'avait diriger précédemment dans le grand "Luke la main froide". Le metteur en scène met d'ailleurs à profit tout son talent pour permettre aux nouvelles aventures de Lew Harper d'être presque toutes autant attractives que les précédentes. En effet, à mes yeux cette suite n'a quasiment rien à envier à son aîné, sauf peut-être son aspect "film noire" qui n'est pas présent dans ce second opus. D'un autre côté il y a une certaine cohérence à cela car à l'heure des années 70 ce cinéma n'avait quasiment plus court. "La toile d'araignée" s'inscrit donc dans le style seventies du polar et y trouve sa place sans grande difficulté. 

En plus de Joanne Woodward, Paul Newman à l'occasion de donner la réplique à des acteurs de hauts niveaux tels Murray Hamilton lequel excelle dans le rôle de Kilbourn, magnat du pétrole sans scrupule et près à utiliser tous les moyens nécessaires pour écarter ceux qui pourrait être un obstacle à ses projets. 

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Grande surprise également que de découvrir l'actrice Mélanie Griffith dans l'un de ses tous premiers rôles au cinéma. Elle incarne ici présent la jeune Carla Devereaux, fille d'Iris vouant un amour infini pour son père mais une immense aversion pour sa grand mère. Quand à ses relations avec sa mère ils sont assez floue et le reste jusqu'au dénouement final où la vérité sur les multiples évènements passés sera révélée. Âgé de seulement 18 ans à l'époque de la sortie du film, l'actrice démontrait déjà une grande capacité à intégrer un rôle et on sentait déjà qu'elle avait une belle carrière qui l'attendait. Trop rare depuis quelques années, j'ai toujours eu de l'affection pour elle et j'aimerais la voir plus souvent à l'écran. Les scènes qu'elle partage avec Paul Newman font partis des plus intéressantes du film, tout deux se retrouveront d'ailleurs 20 ans après "La toile d'araignée" à l'affiche du film "Un homme presque parfait" de Robert Benton. 

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Que dire de plus si ce n'est que j'ai été vraiment séduit par ce deuxième film mettant en scène le détective Lew Harper, presque tout autant que je l'ai été par le premier. Bien entendu la plus importante des raisons en est la présence de Paul Newman et de sa performance d'acteur toujours aussi juste. Ce rôle lui sied à merveille et comme toujours avec lui l'on ne peut que s'attacher a son personnage. Newman était à mes yeux un acteur hors du commun et je n'ai pas finit de parler de lui sur ce blog.