19 août 2017

MEATBALLS (Ivan Reitman - 1979)

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Résumé: 

Tripper Harrison est le leader des moniteurs de l'une des colonies de vacances les plus coûteuses mais aussi des plus populaires des Etats-Unis. Son plus grand désir, que sa collègue Roxanne lui tombe dans les bras. Parallèlement à cet objectif , Tripper se liera d'amitié avec l'un des enfants à sa charge lequel à du mal à s'intégrer mais qui finira, grâce à l'aide de son mentor, a devenir populaire auprès de ses camarades.

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Mon avis: 

On prend les mêmes et on recommence ! Suite au succès d'Animal House, le scénariste Harold Ramis et le producteur/réalisateur Ivan Reitman réitérèrent avec « Meatballs » comédie mettant en scène une bande de moniteurs d'une colonie de vacances naviguant entre drague, compétition et divertissement.

Deuxième réalisation de Reitman, « Meatballs » est l'exemple type des comédies pour jeunes de l'époque et qui furent un tremplin pour bon nombre de comédiens ayant fait leurs débuts au sein des émissions « Second City » et « Saturday Night Live ». Alors qu'Animal House fut celui de John Belushi, ce nouvel opus du duo Ramis/Reitman fut celui de Bill Murray.

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Ami des deux comparses, Murray fut engagé à la dernière minute. Encore sous contrat avec la production du « SNL » ce n'était pas une certitude que le comédien puisse s'investir dans le film, la chance voulut que ce fut le cas et il faut bien admettre que ce fut une bonne chose tant pour la réussite du film que pour la carrière de Murray.

Dans le film il y interprète Tripper Harrison, leader du groupe de moniteurs de l'un des colonies de vacances les plus populaires des états unis. Du côté de sa vie personnelle, il flashe sur sa collègue Roxanne qu'il tente d'emballer sans résultats depuis trois ans, d'un point de vue professionnel, il se révèle être à la fois sérieux, blagueur et protecteur envers les enfants dont il s'occupe. Il ne tarde pas à prendre sous son aile le jeune Rudy Gerner , lequel se révèle au départ déprimé, mais dont l'amitié avec Tripper fera naître en lui l'enthousiasme nécessaire au bon déroulement de son séjour.

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Mais c'est aussi dans le lien qui lie l'adulte à l'enfant que réside le plus grand intérêt du film, et bien entendu de la présence à l'écran d'un Bill Murray qui n'en était encore qu'à ses débuts. Il faut bien admettre au vu du résultat final que sans le comédien, le film n'aurait que peu d'originalité. C'est de part la nature de sa performance que le film gagne une dimension comique non négligeable et qui est au cœur des moments les plus drôles du film. Je ne ferai pas l'erreur de négliger l'émotion que dégagent les liens qui unissent Tripper et sa collègues et ceux qui se tissent entre le moniteur et l'enfant. Le temps qu'il ne passe pas à s'occuper du groupe qui est sous sa responsabilité, il le partage entre son plan drague et son amitié avec le jeune Rudy avec lequel il joue aux cartes et fait du jogging tous les matins.

On peut reprocher beaucoup de choses au film, son manque d'originalité, sa mise en scène un peu quelconque et certains gags qui tombent à plat, mais on ne peut faire abstraction de l'investissement qu'offrent les comédiens à leurs personnages respectifs. Mention spéciale au jeune Chris Makepeace et à Kate Lynch lesquels se démarquent du reste du casting.

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Ce n'est sûrement pas la performance la plus inspirée de Bill Murray mais pour son premier rôle important sur grand écran, il s'en sort avec les honneurs. Contrairement à "Animal House", le succès de "Meatballs" n'était en rien assuré du fait de l'absence de stars au sein de son casting. La réussite tant commerciale que critique du film fut une surprise à sa sortie. Ce fut aussi le départ d'une longue collaboration entre Murray, Reitman et Ramis qui s'étala sur plus de dix ans.

En conclusion, "Meatballs" est une comédie qui s'inscrit dans la lignée de celle qui firent la gloire du genre entre la fin des années 70 et le début des années 90. Pas une grande réussite en soi mais le numéro de Bill Murray vaut à lui seul de prendre le temps de découvrir ce film mineur, imparfait mais amusant. Ceux qui sont hermétiques au genre, passez votre chemin... ceux qui veulent découvrir les débuts de Bill Murray et de sa collaboration avec le duo Reitman/Ramis, ce film vaut la peine d'être découvert.

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25 juillet 2017

STRIPES (Ivan Reitman - 1981)

 

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Résumé: 

Après avoir tous perdu John Winger, un véritable looser, décide de s'engager dans l'armée et y entraîne son meilleur ami l'instituteur Russell Ziskey avec lui. Mais la vie militaire n'est en rien semblable à ce qu'ils avaient imaginé et ils s'attireront très vite les foudres de leurs sergent instructeur et du commandant de la base le capitaine Stillman.

Mon avis:

Deuxième collaboration du trio Harold Ramis/Ivan Reitman/Bill Murray pour le grand écran, "Stripes" se révèle être à mes yeux la plus réussie. On parle tellement des SOS Fantômes 1 et 2 que l'on en oublie un peu trop leurs autres films. Autant je peux comprendre que "Meatballs" soit considéré comme dispensable (si Bill Murray n'était pas dans le film celui-ci n'aurait aucun intérêt), autant il est incompréhensible à mes yeux que "Stripes" ne soit pas plus connu.

Avec un casting en or réunissant Bill Murray, Harold Ramis, Warren Oates (l'inoubliable Lyle Gorch de "La Horde sauvage"), John Larroquette, John Candy, P.J Soles (vu dans Halloween de Carpenter), Sean Young (Blade Runner), Ivan Reitman réussissait à nous faire partager l'une des oeuvres cinématographiques les plus drôles des années 80. C'est avec un budget plus important que leurs précédents films mais toujours restreint qu'ils commencèrent à monter le projet et ce grâce à la popularité que Bill Murray avait acquise grâce à Meatballs et au "Saturday Night Live".

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Dans "Stripes" le comédien y interprète le rôle de John Winger, l'exemple même du looser complètement à côté de ses pompes. Dès le départ il nous est présenté comme un flemmard, évitant toutes sortes de contraintes et n'ayant que peu d'ambition dans la vie. C'est d'ailleurs ce manque total d'envie de mûrir qui fait fuir sa petite amie Rita. En une seule journée il perd tout ce qui fait sa vie, sa copine, son job, sa voiture, son appartement. Une pub régulièrement projetée à la télé lui fait prendre conscience qu'il manque totalement de structure et que l'armée peut lui la fournir. Malgré l'insistance de son meilleur ami Russel tentant par tout les moyens à le convaincre qu'il se fait une fausse idée de la vie militaire, Winger s'engage entraînant avec lui son comparse.

Dès son premier jour au sein du corps militaire, l'engagé se montre irrespectueux envers l'autorité s'attirant ainsi les foudres de son instructeur, lequel n'hésite pas à lui faire faire une centaines de pompes sous une pluie torrentielle. Son insubordination lui attire également l'hostilité de ses camarades jusqu'a son meilleur ami qui au bout d'un moment finira par exploser de colère.

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A l'origine il ne fut pas prévu qu'Harold Ramis joue dans le film. Voulant à tout prix partager l'affiche avec l'acteur/scénariste et ami, l'interprète de John Winger menaça même de refuser de faire le film si sa requête n'était pas satisfaite. "Je veux jouer avec toi, si tu ne le fais pas je ne fais pas le film" : voilà en gros l'ultimatum que lança le comédien à son complice.

Pour son tout premier grand rôle devant une caméra Harold Ramis donne, avec une évidence certaine, le meilleur de lui-même. Son personnage Russel Ziskey est le type même du pacifiste convaincu. C'est aussi un intellectuel et se montre beaucoup mois tête brûlée que son meilleur ami. Malgré tout, il ne peut s'empêcher de suivre Winger dans ses aventures.  Ils forment à eu deux l'un des duos les plus efficaces des années 80 et l'on peut regretter qu'ils n'aient pas joué plus souvent ensemble. Les deux hommes se brouillèrent lors du tournage d'Un Jour sans fin et n'eurent plus de véritable contact jusqu'à peu avant la mort de Ramis. Les deux hommes mirent leurs différents de côtés et se réconcilièrent.

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Leur duo fonctionne ici à merveille et peut s'appuyer sur une jolie palette de comédiens, lesquels offrent au film une dimension non négligeable à l'ensemble. Je mettrai bien entendu en avant Warren Oates qui donne à son personnage du sergent instructeur Hulka la force et la détermination nécessaires à un tel personnage. Retord et discipliné, Hulka est le type même du militaire de carrière, vrai patriote et ne tolérant ni les tires au flanc ni les agitateurs. Il tente tant bien que mal, et cela pendant tout le film, à faire comprendre à Winger et aux autres le vrai sens du mot "armée" et les valeurs qui l'accompagnent: Honneur, courage,...des notions capitales et qui font les meilleurs soldats qui soient et c'est à cela que s'emploie Hulka. Autoritaire, ça il l'est, mais c'est un mal nécessaire pour la formation des jeunes recrues.

Mention spéciale aussi à John Larroquette qui livre ici une performance on ne peut plus réussie. Son interprétation du commandant de la base est tout simplement irrésistible. Le capitaine Stillman est le type même de l'officier bureaucrate n'ayant jamais servi sur le terrain. Ambitieux et prenant sa fonction très au sérieux, cela ne l'empêche pas d'accumuler les gaffes à un rythme tel qu'il en devient dangereux pour lui et pour les hommes qui sont sous commandement. Son incompétence lui vaudra d'ailleurs d'être muté au fin fond de l'Arctique.

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Je mentionne également les comédiennes P.J Soles et Sean Young qui apportent la touche de charme essentiel à la réussite d'un tel film. Respectivement les compagnes de Murray et Ramis se montrent beaucoup plus disciplinées que leurs compagnons. Elles sont également les anges gardiens des deux hommes car à chaque fois que Winger Ziskey se retrouvent dans la mélasse, c'est aux deux jeunes femmes qu'ils doivent leur salut.

John Candy, visage incontournable de la comédie des années 80 (Splash, The Great Outdoors, Oncle Buck, Un Ticket pour deux,...) interprète le type même du mec quelque peu gêné par son poids mais n'hésitant pourtant pas à en tirer profit. Le scène culte du combat de boue est vraiment l'un des moments forts du film. Voir Candy lutter contre cinq femmes en bikini mais bagarreuses laisse une image inoubliable dans l'esprit du spectateur que je suis.

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"Stripes" est une des comédies les plus drôles mais aussi les plus méconnues des années 80. Elle mérite pourtant de figurer aux côtés de SOS Fantômes et des Blues Brothers. Le scénario est solide, les gags efficaces, la mise en scène quasi-parfaite et l'interprétation de haut niveau. Je ne saurais trop recommander à ceux qui ne l'on pas vu de découvrir "Stripes", un film qui garde toutes ses qualités malgré les années. La collaboration la plus réussie du trio Ramis/Reitman/Murray, un poil au dessus de SOS fantômes d'après moi en tout cas.